01 mai 2008
Ber qui lève et ber qui roule
Ca y est, j'ai construit mes bers, celui qui lève, tout en ferraille, et celui qui roule, tout en bois, sauf les 6 roulettes.
Pour le ber qui lève : fers carré de 50x50 et 40x40 et fer plat pour les renforts. 80 baguettes de soudure de 2,5 mm en tout.
Je suis maintenant à la tête de 6 crics de 2CV, certains arrachés de haute lutte sur E-Bay, avec des enchères déraisonnables jusqu'à la dernière seconde, et d'autres bradés à 1 euro (sans que j'ai compris pourquoi?). Après en avoir acquis 5, pour être plus sûr qu'il y en est 4 qui marchent, j'en ai trouvé un tout à fait opérationnel, par hasard, en rangeant des vieilles ferrailles dans mon garage (c'est l'histoire de la paille et de la poutre...), toujours est-il que je peux maintenant soulever le monde, tel l'Atlas breton.
Pour le ber qui roule (qui ne peut donc être utilisé par le mousse), bois et 6 roulettes:
Avec ça je peux promener mon Corsaire dans la lande bretonne, le soir entre 2 averses, pour lui dégourdir les jambes, mais les petits bateaux ont-ils des jambes?
Comme mon camarade Zygomar a aussi construit un ber qui lève, le fameux Robert, et un ber qui roule, le célébrissime Raoul ( http://zygomar.canalblog.com/) j'envisage d'adjoindre au Nationnal une course à terre. Deux équipes de 4 devront monter les Corsaires sur les bers qui lèvent, les redescendre sur les bers qui roulent, parcourir 100 mètres sur le parking devant le club house, remonter le Corsaire sur le ber qui lève, enlever le ber qui roule et reposer le Corsaire sur sa quille et ses béquilles. C'est pas plus con que de faire ça sur l'eau, dans le froid et le mouillé. L'équipe victorieuse remportera un saucisson à l'ail et un boulon de 33.
25 août 2007
Combien ça coute ?
Je vais faire mes comptes....
Voilà, le chiffre vient de tomber : 10 000 euros et des broques
Prix de revient du Corsaire. Aout 2007
Plans 250
CTBX 1264
CP marine 300
Tasseaux, planches, bois rouge, chêne 927
Poteaux pour le chantier 55
Bois pour l’aileron (Ipe) 132
Acajou safran 48
Total bois : 2726
Visserie inox, tires fonds, boulons 390
Total visserie : 390
Colles, silicone, acétone : 414
Résines, enduits, charges, G4 742
Peinture 512
Outils, abrasif, pinceaux, rouleaux, bacs 560
Total chimie : 2228
Lest d’occasion + sablage 150 + 110
Tiges inox 50
Dérive d’occase + galvanisation 20 + 65
Pièces inox, balcon avant d’occase 165
Altuglass 23
Flottabilité 75
Total : 658
Divers 242
Soit le bateau sans l’accastillage : 6494
mât, bôme, gréement dormant, voiles (GV et Génois),
emmagasineur, transport : 2687
Accastillage : 835
Gréement courant : 114
Armement : 177
Total gréement, accastillage : 3813
Sans le spi ni la sécurité : 10 307 euros
Un peu chère, la danseuse. A part le lest qui ne m'a pas coûté cher, (mais beaucoup de travail) tout le reste est prix maximum, public, de grande surface de bricolage et d'accastillage. Quand, à 2 minutes du bateau, on dispose de tout ce dont on a besoin, y compris le CP marine et la dame de nage en laiton, on a tendance à se laisser aller à une certaine facilité (ou praticité si ça existe dans le dico).
Vos papiers !
Quand on lit les textes officiels, obtenir les papiers d'identité du bateau c'est la hantise. Il semble qu'il faille apprendre par coeur les normes harmonisées visées au 224-2, se procurer un certificat de conformité à la jauge type? Alors que vous demandez à être immatriculé, on commence par vous demander le numéro d'identification de votre coque, norme EN-ISO 10087 ou N° HIN ou CIN ??? Et bien pas du tout, l'administration n'est plus ce qu'elle était et, en quelques jours, après 2 coups de fil aux Affaires Maritimes avec une dame charmante on obtient ça (et en plus, extraordinaire, c'est gratuit, juste un enveloppe timbrée pour l'envoi) :
il Faut :
se procurer un fiche plaisance sur internet (qui énumère les papiers nécessaires) ainsi qu'un formulaire de déclaration sur l'honneur.
une enveloppe timbrée, je l'ai dit,
le numéro d'identification de la coque se determine par téléphone avec la dame : il comporte : le pays de construction: FR, le code d'identification du constructeur : AMA pour amateur; Un numéro de série qui sort de je ne sais où et un codage avec un lettre de A à L et des chiffres qui dépendent de l'année de conception du bateau (1953 pour le corsaire) et de la date de finition, pour moi : D753.
remplir la déclaration sur l'honneur : avec en face de N° d'identification de la coque inscrire : construction amateur, le pays, l'année de conception , le mois et l'année de finition. Ensuite les caractéristiques du bateau, la jauge (2,21 tonneaux), la catégorie de conception : C et c'est tout.
Remplir la fiche plaisance : Nom du bateau, marque et puissance du moteur et identité.
Ca à l'air compliqué mais c'est d'une simplicité biblique. Je sais pas d'où vient cette expression vu que la bible c'est écrit petit, y'a pas d'images et c'est compliqué....surtout qu'on peut pas demander des explications à l'auteur qui n'a jamais organisé des séances de signatures à la FNAC.
Envoyé le tout aux Affaires Maritimes de votre choix et, moins d'une semaine après, vous recevez votre carte de circulation. Un détail important, construction amateur : pas le droit de vendre le bateau avant 5 ans (pour cette raison vous avez intérêt à faire vos papiers le plus tôt possible...)
22 août 2007
La première mise à l'eau
Tout le monde maritime et fluvial vous le dira, quand on construit des bateaux, en série ou à l'unité, le moment magique, chargé d'émotion, qui mobilise le plus de monde et de photographes, c'est, bien sûr, la mise à l'eau. L'instant magique où le mastodonte glisse sur les rails après le dernier coup de masse sur les cales, les gerbes d'eau et le majesteux moment de la rencontre où le bateau s'arrète et d'un mouvement d'ensemble, tel le chat se lovant sur un pull en mohair, se cale dans son élément qui l'accepte, comme un nouvel enfant.
Ben merde, qu'est-ce qui me prend, v'là que je poétise alors que j'ai du boulot, mettre le bateau sur la remorque de Raymond, décidemment un ami bien précieux,
trimballer l'ensemble jusqu'à la merveilleuse petite plage de Ploumanac'h grâce à la fourgonnette postale de Dominique, le plus redoutable chasseur de bars (les poissons, pas les bistrots, d'ailleurs je le soupçonne d'avoir commenceé les uns quand il a arrèté les autres) de la côte de granit rose :
Cette photo est précieuse, tous les acteurs sont des mecs extras, des héros modernes : le petit au cheveux blancs, typique malouin, c'est mon pote Jean Yves, pas un intellectuel de gauche, un authentique, brut de fonderie. Il a construit son 14 mètres en acier, et, chose très rare chez les constructeurs amateurs, il s'en est servi : 6 transats à lui tout seul, dont un certain nombre, dont le dernière, en solo. De dos, avec la chemise grise le Dubideck trompe la mort, une seule transat mais infiniment plus de conneries à son actif. Ces deux là j'en parle un peu plus dans mon bouquin "Papa, les p'tits bateaux" (FNAC. com) que, décidemment, vous avez bien tort de ne pas avoir encore lu, tant il est génialement désopilant, mais je suis mauvais juge. Avec son pull rouge et sa camionnette jaune, surplus de la poste acheté aux enchères à Lorient, un membre de la faculté de médecine, néopostier micologue plongeur pêcheur prédateur


Bon, il flotte, il ne prend pas l'eau, on va pas prendre de risques inutiles, donc retour au garage :
20 août 2007
Matage d'essai
Maintenant que le bateau est au 3/4 sorti du garage, on va pouvoir dresser le mat pour régler les haubans et l'étai :
Tableau arrière et ses 2 trous.
Vous connaissez l'histoire belge du moniteur de ski qu'avait 2 trous du cul ? non, ben comptez pas sur moi pour vous la raconter.
Avant de sortir (du garage) il fallait que le bateau est le derrière bien propre, comme toi pour aller au bal. D'abord doublage avec un beau contreplaqué marine de 4mm (je sais, sur les plans c'est 5mm mais, à ce stade, on peut prendre quelque liberté) :
Vernis, ponçage, vernis..... pose des 2 aiguillots de safran et enfin perçage des 2 trous du derrière qui font toute l'originalité du modèle, sorte d'OGM, de truc à montrer à la foire du Trône. Avec ces 2 tuyères, quand il a ses flatulences, le bateau s'envole dans des surfs insensés....
et parfois, ça s'éclaire, tel le phare, comme pour guider le proctologue normand, "l'oeil était dans la tombe et regardait Caen", Annus Horribilis 
Bon, c'est vrai je délire un peu. Revenons à la pratique. Nous n'allons pas sortir sans nos papiers d'identité et notre nom inscrit en lettres d'or. L'artiste qui met les lettres en place c'est pas moi c'est un spécialiste de l'écartement des lettres en laiton sur tableau arrière, un métier très rare qui se perd, ce garçon a quand même traversé l'Atlantique sur un voilier en ciment armé, donc respect:
Pour le papiers d'identité, nous verrons plus tard.
A la porte du garage
Comme c'était le début des vacances d'été et que pendant les vacances d'été il fait beau (surtout cette année) je décidais de sortir le bateau du garage avec mes petits bras musclés et l'aide d'une traction automobile :
Les plus observateurs d'entre-vous aurons remarqué que sur la photo 6 et la 11 la voiture n'est pas la même. C'est pas une question de puissance, c'est une question de ravitaillement. Il faut bien faire les courses et Lili, en Bretagne, elle circule avec la Punto immatriculé 22 et pas la voiture 75 qui a donc pris le relais comme tracteur.
19 août 2007
Petits travaux entre amis
Mon copain Raymond, qui ce soir du 19 aout 2007 se remet doucement d'une piste mémorable de la nuit dernière pour cause de 60 balais, m'avait donné (oui, c'est un mot qui existe) un hublot rond fondu à l'ancienne, avec un numéro de fonderie (24). J'ai passé du temps à le nettoyer, polir, faire briller, et finalement le monter. C'est assez beau, merci Raymond.
Mon copain Jean Yves, après 6 transats et quelques années au Brésil (Salvador), en Uruguay, au Venez (quand on est branché, on dit Vénèze), aux Antilles, est de retour à Saint Malo. Nous avons construit nos bateaux (les gros) ensemble, dans les années 70, on se connait par coeur. Il est venu à Trégastel quelques jours avec Marie et, bien sûr, j'en ai profité pour le mettre au boulot. On le voit ici en train de poper les pontets sur la bôme:
On a aussi préparé le rail d'écoute et son renfort en acajou pur jus :
A Lest du nouveau
Enfin une journée sèche en Bretagne, le lest a pu être sablé, mis à nu :
Ce qui a révélé quelques ulcères creusant et autres pustules. Mais le traitement existe, chimique bien sûr, pas à base de plantes ou alors de la choucroute. La chimiothérapie de la fonte bubonique mise à nue doit être immédiate, dès la fin du sablage, sinon, le temps d'aller chercher ton pinceau, l'insidieuse rouille est de retour.
Pour la première cure le choix est mono ou bicomposant, Primocon ou Interprotect. L'interprotect c'est génial comme produit mais qui resisterait à l'appel du Primocon. Le gars qui a trouvé le nom de ce produit devait sortir tout droit de polytechnique et il devait être faché avec l'abruti qui a inventé le salaire au mérite. Il a donc fait breveter la "prime au con" et ensuite il est rentré comme ingénieur chez International. Maintenant il doit avoir sa statue dans la cour de l'usine.
Donc j'ai utilisé Primocon, puis enduit epoxy, puis ponçage, puis Primocon, puis reenduit, puis reponçage jusqu'a obtenir un lest tout neuf que j'ai assemblé avec l'aileron de quille (je dis "j'ai assemblé" pour faire croire que c'est moi qui fait tout mais c'est pas moi sur la photo, ni d'ailleurs dans la combinaison de sableur) :
Vérification que la dérive coulisse bien dans la fente... 
Ensuite faut trimballer l'ensemble (180 kg) sous le bateau, le mettre bien droit et trouver un moyen pour le faire monter, faire passer pile poil les goujons dans les trous de la quille, et assembler le tout. C'est facile à écrire, un peu plus dur à faire. En fait j'ai soulevé le bateau avec 4 palans (ceux qui avaient servi à le retourner) et ensuite je l'ai fait descendre doucement sur le lest.... Comme c'est crevant les photos sont floues :
23 mai 2007
La chimie, j'adore
Je vais lancer mon chapitre chimie.
Préambule : Tous les constructeurs amateurs qui me connaissent depuis 35 ans que je balbutie dans la construction navale, savent que c'est mon sujet de prédilection. Il draine toutes les opinions plus ou moins fondées, toutes les lectures plus ou moins bien comprises, toutes les inquiétudes, incertitudes, angoisses epoxyco-polyestéro-uréthanol. Les possibilités sont nombreuses, parfois contradictoires, elles s'entremèlent, se confondent. L"'humidité, la température, l'accroche sur le support, la compatibilité, le temps de surcouchage, le ponçage, tout y est. C'est exactement comme la cuisine et c'est précisement à cause de mon amour des deux (chimie et cuisine) que, tel le Ferran Adria de la molécule, le El Bulli de la composition, j'ai inventé le joint congé à la farine, doucement cuit au four ou à la chaleur ambiante, avec cependant un différence de taille : si tu manges ma confiture de joint, t'es mort! Ca va te solidifier l'intérieur, te mouler le boyau, te boucher le gros colon que même un destop surpuissant ou un furet particulièrement furtif, pourrait pas rendre la liberté à tes voies naturelles, qui deviendraient, de par le fait même, aussi impénétrables que les voies du Seigneur et ceci par en haut ou par en bas. Encollage total...



































































































